Jouets
Retour Version imprimable Transmettre cette page


Revendications à la branche suisse des jouets  (30.11.06)
Des rapports démontrent de manière régulière les conditions de travail inacceptables dans l'industrie du jouet. Les droits de l'Homme et les droits fondamentaux du travail sont systématiquement négligés, en particulier dans les usines chinoises. Ces violations doivent cesser immédiatement, aussi bien du point de vue des consommateurs que dans une perspective de développement des pays producteurs. Pour cette raison, un certain nombre d'organisations –indépendantes les unes des autres– ont interpellé les entreprises et le public.

En conséquence, certaines entreprises ont manifesté leur volonté de commencer un dialogue avec les organisations impliquées dans la coalition, à savoir la Déclaration de Berne (DB), la Fédération romande des consommateurs (FRC), la Société suisse pour l'amitié helvético-tibétaine (GSTF), la Fondation pour la protection des consommateurs (SKS), et le groupe bâlois de terre des hommes. Une discussion a eu lieu au début de l'année 2006 avec les entreprises suivantes: Migros, Franz Carl Weber, Lego et l'Association suisse des jouets (SVS).

Problèmes spécifiques dans l'industrie du jouet
  1. Le comportement des entreprises est, jusqu'à présent, caractérisé par les dysfonctionnements suivants: pas de transparence (vis-à-vis des fabricants, des rapports d'audits et de la certification); pas de prise de responsabilité (en regard des lois nationales ou des normes internationales); pas de participation (des personnes concernées, de leurs ONG ou des syndicats).

  2. La situation spécifique en Chine doit être prise en compte dans la mesure où 80% des jouets y sont produits. Il est donc essentiel de développer des projets en collaboration avec les organisations locales déjà constituées, afin d'atteindre la liberté d'organisation telle que décrite par l'OIT, c'est-à-dire en passant par des moyens parallèles. En effet, au niveau des usines chinoises, de nouvelles formes de négociations apparaissent, ce qui devrait conduire à des contrats collectifs.

  3. Le secteur mondial des jouets n'était, jusqu'à présent, pas ouvert au dialogue avec la société civile. Cela s'est manifesté par une stratégie passive de gestion des risques, des relations publiques offensives et des certifications ICTI discutables pour certaines usines. A long terme, une initiative multipartite (Multi Stakeholder Initiative, MSI) serait souhaitable. A titre d'exemple, dans l'industrie du textile, des MSI (www.is-com.org, www.fairwear.nl) offrent d'ores et déjà un point de départ systématique et une perspective claire (en regard de la vérification des codes d'implémentation). Le secteur des jouets doit en premier lieu reconnaître des standards minimaux et commencer leur mise en œuvre.

  4. En 2001, l'ICTI (International Council of Toy Industries, l'association faîtière de l'industrie internationale du jouet) a lancé une initiative. Après quatre ans, les résultats positifs observables sont limités. Qui plus est, nous avons constaté des conséquences négatives alarmantes de ce système. En lieu et place d'audits extrêmement chers, nous appelons les entreprises à exercer leur influence sur l'ICTI de sorte que les standards soient améliorés et les pratiques discutables soient modifiées.


Demandes aux entreprises suisses
Les entreprises suisses, indépendamment de leur structure organisationnelle pour leur politique d'achat, partagent la responsabilité des conditions de travail dans les usines. La coalition suisse des jouets invite ces firmes –ainsi que les associations similaires– à aborder ces questions avec une stratégie proactive:

  • Chaque entreprise doit reconnaître et implémenter des standards sociaux (selon les lois et l'OIT, par exemple le projet Jo-In Code – www.jo-in.org) et des normes environnementales.
  • Ces standards doivent être communiqués au personnel dans tous les sites de production. Les employés doivent également recevoir les adresses des organismes d'inspection du travail et des ONG locales afin de leur permettre de déposer une plainte.
  • Avec les organisations locales, chaque entreprise devrait mettre en place des cours de formation pour le personnel, les associations d'employés, les cadres et la direction (sur les droits, la santé et la sécurité au travail); chaque entreprise devrait également permettre des élections de comités de délégués syndicaux.
  • Chaque entreprise qui effectue la surveillance devrait transmettre au personnel et aux organisations locales ses rapports d'audit et ses plans de contrôle pour l'amélioration.
  • Chaque entreprise devrait diffuser sa liste de distributeurs et de producteurs aux organisations locales.
  • Chaque entreprise devrait indiquer à la coalition suisse des jouets quelles sociétés, mentionnées dans les rapports spécifiques, appartiennent à sa chaîne d'approvisionnement.
  • Chaque entreprise qui achète des livres de Walt Disney devrait s'adresser à Disney directement et œuvrer pour favoriser de ce fait une production de livres plus sûre.
  • Chaque entreprise devrait ajuster ses politiques d'achat de sorte que des prix raisonnables soient payés et des délais de livraison acceptables soient négociés.
  • Chaque entreprise attachée à l'ICTI devrait tâcher d'améliorer la norme de cette dernière et œuvrer pour stopper le programme de certification de l'ICTI.
  • Chaque entreprise en contact avec les fonctionnaires chinois (dans le contexte des discussions sur les droits de l'Homme du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE)) devrait exiger la ratification de toutes les conventions fondamentales de l'OIT (la Chine n'a pas encore ratifié les conventions obligatoires suivantes: 29, 87, 98, 105).

Appel au secteur suisse du jouet:
Chaque entreprise devrait mettre en application les demandes énumérées ci-dessus aussi tôt que possible. La coalition des jouets a créé un questionnaire (voir les résultats). Avec ce questionnaire, les actions mises en application peuvent être documentées.

Réponse à envoyer svp avant la fin du mois septembre 2006 à la coalition des jouets (adresse: Coalition suisse des jouets, c/o GSTF, Binzstrasse 15, 8045 Zurich).

Nous espérons recevoir des réponses instructives à toutes nos questions.

En vous remerciant d'avance!

Le 31 octobre 2006, la coalition suisse des jouets rencontrera le SVS et les représentants concernés de ce secteur à Zurich, afin de passer en revue la situation.



Pour en savoir plus

Campagne de Peuples Solidaires

Notre point de vue à la radio

Téléchargez notre fiche d'information