Jouets
La Coalition des jouets (30.11.06)
Un dialogue, mais peu d'action
(Un article de la Fédération romande des consommateurs paru dans le magazine J'achète mieux – n°348 de décembre 2006)
La coalition des jouets demande la mise en oeuvre de mesures concrètes visant à améliorer les conditions de travail dans les fabriques de jouets en Chine.
La majorité des jouets achetés en Suisse sont fabriqués en Chine, impliquant d'importants problèmes de respect des droits des travailleurs. En effet, de nombreux rapports montrent que ceux-ci sont régulièrement bafoués, en raison d'une production en flux tendu pour la période de Noël.
Cependant, les conditions de travail des employés sur place ne peuvent être améliorées que si les distributeurs et commerçants de jouets en Suisse (et dans les autres pays) exigent de leurs fournisseurs en Chine le respect des droits fondamentaux et s'engagent eux-mêmes à rendre possible cette démarche par des prix équitables et des délais raisonnables dans la production.
LA BRANCHE SE RASSEMBLE
Un signe encourageant de cette prise de conscience dans la branche suisse des jouets est une rencontre organisée cette année, en février, par la coalition des jouets (voir ci-dessous). En effet, l'Association suisse des jouets (SVS) a joué un rôle important dans l'établissement d'un dialogue, un effort que la coalition salue.
Ainsi, des représentants de tout le secteur (distributeurs, commerçants, importateurs) ont assisté à cette rencontre et ont admis être partie prenante dans cette situation intolérable en Chine. La branche des jouets a également admis qu'elle avait un poids et une influence non négligeables dans cette problématique.
DES CODES DE CONDUITE INCOMPLETS
Mais ce n'est pas suffisant. Car si des secteurs comme celui des habits ont déjà entamé des programmes d'amélioration, les performances dans le domaine des jouets n'en sont à cet égard qu'à leurs balbutiements. A titre d'exemple, à l'heure actuelle, en dehors de quelques cours de sécurité, aucun projet de coopération avec des acteurs locaux et de formation pour le personnel n'a été mis en place par les entreprises dans les usines chinoises. Et lorsqu'ils existent, ces projets ne font jamais participer activement les employés (formation continue sur les droits du travail, le système de plainte, les conventions collectives, etc.).
Un autre problème majeur se pose: l'approche des standards sociaux est différente selon les distributeurs ou les commerçants. En effet, alors que des entreprises comme Migros, Coop et Manor ont adopté les normes BSCI (Business Social Compliance Initiative, un code de conduite européen, satisfaisant en termes humains), du côté des multinationales de jouets comme Mattel ou Hasbro, ce sont des normes beaucoup moins sévères, celles de l'ICTI (International Council of Toy Industries, l'association faîtière de l'industrie internationale du jouet), qui sont affichées. Cette incohérence affaiblit aussi les audits sociaux menés par quelques entreprises qui tentent de faire respecter les droits du travail. Compte tenu que les articles des grandes marques sont vendus dans la grande distribution, cette dernière se trouve face au problème de faire respecter les droits du travail en fonction de deux standards différents.
Historique de la coalition des jouets
La «Coalition des jouets» s'est formée début 2006 entre la FRC, la DB (Déclaration de Berne), le SKS (Fondation pour la protection des consommateurs), la GSTF (Société suisse pour l'amitié helvético- tibétaine) et le groupe bâlois de Terre des hommes.
En effet, suite aux enquêtes menées dans le domaine de la fabrication des jouets en Chine et leur distribution en Suisse (voir p.ex. JAM 328 décembre 2004), ces cinq organisations ont décidé de mener une action commune.
Une première rencontre entre la coalition et les entreprises impliquées dans la distribution et le commerce des jouets en Suisse a eu lieu à Zurich en février 2006. A cette occasion, les entreprises ont accepté de répondre à un questionnaire sur les standards sociaux adoptés dans la branche, ainsi que sur leurs initiatives concrètes.
Une seconde rencontre en octobre a permis de faire le point sur les résultats de ce questionnaire.
La coalition des jouets dénonce les standards sociaux de l'ICTI (International Council of Toy Industries, l'association faîtière de l'industrie internationale du jouet). Ils ne sont pas suffisants pour garantir les critères éthiques minimaux basés sur les conventions fondamentales de l'OIT (Organisation Internationale du Travail), un salaire permettant de couvrir les besoins fondamentaux et des horaires de travail réguliers. Elle demande la mise en oeuvre de démarches concrètes, comme la formation des employés, des membres des comités d'entreprises et des cadres.
La «Coalition des jouets» s'est formée début 2006 entre la FRC, la DB (Déclaration de Berne), le SKS (Fondation pour la protection des consommateurs), la GSTF (Société suisse pour l'amitié helvético- tibétaine) et le groupe bâlois de Terre des hommes.
En effet, suite aux enquêtes menées dans le domaine de la fabrication des jouets en Chine et leur distribution en Suisse (voir p.ex. JAM 328 décembre 2004), ces cinq organisations ont décidé de mener une action commune.
Une première rencontre entre la coalition et les entreprises impliquées dans la distribution et le commerce des jouets en Suisse a eu lieu à Zurich en février 2006. A cette occasion, les entreprises ont accepté de répondre à un questionnaire sur les standards sociaux adoptés dans la branche, ainsi que sur leurs initiatives concrètes.
Une seconde rencontre en octobre a permis de faire le point sur les résultats de ce questionnaire.
La coalition des jouets dénonce les standards sociaux de l'ICTI (International Council of Toy Industries, l'association faîtière de l'industrie internationale du jouet). Ils ne sont pas suffisants pour garantir les critères éthiques minimaux basés sur les conventions fondamentales de l'OIT (Organisation Internationale du Travail), un salaire permettant de couvrir les besoins fondamentaux et des horaires de travail réguliers. Elle demande la mise en oeuvre de démarches concrètes, comme la formation des employés, des membres des comités d'entreprises et des cadres.
Des moutons noirs et des efforts timides
Un questionnaire portant sur les actions menées a été envoyé à six distributeurs ainsi qu'aux membres de l'Association suisse des jouets (SVS), à l'ICTI (International Council of Toy Industries) et à la Fédération suisse des détaillants de jouets (VSSD).
Comment les entreprises abordent-elles le défi des conditions de travail?
Un questionnaire portant sur les actions menées a été envoyé à six distributeurs ainsi qu'aux membres de l'Association suisse des jouets (SVS), à l'ICTI (International Council of Toy Industries) et à la Fédération suisse des détaillants de jouets (VSSD).
Comment les entreprises abordent-elles le défi des conditions de travail?
Les critères pris en compte pour l'évaluation sont l'adhésion aux standards (internationaux ou propres à l'entreprise), les mesures de soutien pour des ouvriers prises sur les sites de production, la transparence (les informations mises à disposition des consommateurs) et la coopération avec les membres de la coalition dans les discussions et les réponses demandées. Chaque critère est pondéré de la même manière. Une absence totale de coopération et de transparence pénalise l'évaluation globale. En effet, le consommateur est en droit de savoir au minimum quelles normes appliquent les entreprises!
Du côté des distributeurs, Migros, Coop et Manor obtiennent des résultats plutôt satisfaisants. Un effort que la coalition encourage, salue et qui signifie qu'ils ont commencé à améliorer les conditions de travail.
A l'autre extrême, malgré les contacts écrits et téléphoniques répétés, le VSSD et ToysRus n'ont pas daigné répondre au questionnaire. Ces silences de deux des acteurs importants en Suisse est véritablement scandaleux.
Du côté des importateurs et des commerçants de jouets, sept entreprises ont répondu de manière cohérente. Mattel a envoyé sa propre documentation au lieu du questionnaire rempli. Sombo n'a pas jugé nécessaire de donner des informations. Enfin, Playmobil signale que sa production se situe uniquement en Allemagne, à Malte, ainsi qu'en République Tchèque et en Espagne. Les résultats globaux de ces entreprises sont plus bas: seule l'approche de Lego face au défi des conditions de travail obtient des résultats tout juste satisfaisants, tandis que celles des autres sont jugées largement insuffisantes.
Du côté des distributeurs, Migros, Coop et Manor obtiennent des résultats plutôt satisfaisants. Un effort que la coalition encourage, salue et qui signifie qu'ils ont commencé à améliorer les conditions de travail.
A l'autre extrême, malgré les contacts écrits et téléphoniques répétés, le VSSD et ToysRus n'ont pas daigné répondre au questionnaire. Ces silences de deux des acteurs importants en Suisse est véritablement scandaleux.
Du côté des importateurs et des commerçants de jouets, sept entreprises ont répondu de manière cohérente. Mattel a envoyé sa propre documentation au lieu du questionnaire rempli. Sombo n'a pas jugé nécessaire de donner des informations. Enfin, Playmobil signale que sa production se situe uniquement en Allemagne, à Malte, ainsi qu'en République Tchèque et en Espagne. Les résultats globaux de ces entreprises sont plus bas: seule l'approche de Lego face au défi des conditions de travail obtient des résultats tout juste satisfaisants, tandis que celles des autres sont jugées largement insuffisantes.
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Lire les critères d'évaluation de l'enquête 2006 |
LA COALITION DEMANDE UNE PARTICIPATION ACTIVE
Sur la base des résultats obtenus par le questionnaire, lors de la rencontre entre les acteurs de la branche et la coalition le 31 octobre, cette dernière a proposé un programme d'entraînement pour 2007. Toutes les entreprises devraient au minimum reconnaître les standards en ligne avec les droits fondamentaux du travail selon l'OIT, assurer des salaires de subsistance et devront s'engager activement dans la formation de leurs partenaires et des travailleurs en Chine. C'est à présent au tour des importateurs, des commerçants et des distributeurs de jouer. Une affaire à suivre.
Textes: Huma Khamis, collaboratrice scientifique
Les sites intéressants:
Sur la base des résultats obtenus par le questionnaire, lors de la rencontre entre les acteurs de la branche et la coalition le 31 octobre, cette dernière a proposé un programme d'entraînement pour 2007. Toutes les entreprises devraient au minimum reconnaître les standards en ligne avec les droits fondamentaux du travail selon l'OIT, assurer des salaires de subsistance et devront s'engager activement dans la formation de leurs partenaires et des travailleurs en Chine. C'est à présent au tour des importateurs, des commerçants et des distributeurs de jouer. Une affaire à suivre.
Textes: Huma Khamis, collaboratrice scientifique
Les sites intéressants:
- OIT, déclaration du droit du travail:
www.ilo.org/dyn/declaris/
DECLARATIONWEB.static_jump?var_language=FR&var_pagename=DECLARATIONTEXT - Jo-in-code (les codes de conduites minimaux à adopter selon la coalition):
www.jo-in.org/giris.htm - BSCI (code de conduite):
www.bsci-eu.org/content.php?page=BsciDocuments - ICTI (code de conduite):
www.icti-care.org/resources/code_practiques.htm - SVS (Association suisse des jouets):
www.spielzeuglieferanten.ch/index.html





