Appels
Deux ans après l'effondrement de l'usine Spectrum: appel à Carrefour (11.04.07)
«Il y avait au moins 32 moulins à tricot à cet étage. Lorsqu’ils fonctionnaient, tout le bâtiment tremblait. Ce jour-là, j’ai remarqué une fissure dans le mur. Je l’ai signalée à l’ingénieur. Il était tout le temps présent dans l’usine à cause des travaux de construction en cours. Mais il m’a dit de retourner à mon poste et de ne rien dire à mes collègues.» Quelques jours plus tard, les neufs étages de l’usine Spectrum-Sharhyiar s’effondraient. Bilan 64 morts et 84 blessés. C’était le 11 avril 2005. Spectrum-Sharhyiar produisait pour d’importants distributeurs européens dont Carrefour, Inditex (Zara), KarstadtQuelle, ainsi que pour Cotton Group (T-shirts B&C), Solo Invest ou Scapino.
D’autres accidents, incendies ou effondrements d’usines de prêt-à-porter jalonneront l’année 2006 au Bangladesh. En tout, au moins 146 personnes y perdront la vie, plus de 200 seront blessées, gardant parfois des séquelles empêchant toute reprise d’activité professionnelle. Comme ces personnes ne peuvent compter sur aucune sécurité sociale, inexistante dans le pays, elles, qui étaient l’unique source de revenu de leur famille, deviennent une charge pour celle-ci.
Ces accidents vont déclencher une vague d’émeutes des travailleurs de la confection. Les revendications sont identiques durant tout le mouvement: respect des dispositions légales et augmentation du salaire minimum qui n’a plus été revu depuis 1994. Au terme de semaines de manifestations et de répression, le bilan est lourd, au moins trois travailleurs tués, des centaines d’autres blessés, des membres de syndicat arrêtés et mal traités, des dizaines d’usines vandalisées, des centaines de véhicules brûlés.
Néanmoins des négociations commencent. Les syndicats locaux sont à l’œuvre ainsi que le réseau international de la campagne Clean Clothes. Qu’en est-il aujourd’hui?
Salaire minimal augmenté… mais toujours insuffisant
Depuis 1994, le salaire minimum légal dans le secteur de la confection au Bangladesh correspondait à 930 takas, montant dont le pouvoir d’achat a décru de moitié en douze ans pour atteindre 11 euros par mois en 2006. C’est très fréquemment à ce salaire, le plus bas de toute l’Asie du Sud, que sont payées les opératrices de machines à coudre et les assistantes.
L’appel lancé lors des émeutes de mai et juin 2006 pour une augmentation sensible du salaire n’a été que partiellement entendu. Le Conseil national du salaire minium légal a proposé en octobre 2006 d’augmenter le salaire minimum à 1662,5 takas par mois, soit environ 20 euros. Toujours insuffisant pour vivre. Il est communément admis que les dépenses mensuelles minimales pour un adulte se situent dans une fourchette allant de 2200 à 3300 takas par mois. Par exemple le logement peut varier de 350 à 700 takas par mois. On trouve ainsi, dans les bas fonds de Dhaka, des bâtiments en tôle construits sur pilotis de bambou où la chambre de 2,5 sur 2,5 mètres se loue 600 takas par mois.
Indemnités accordées… mais tous les clients européens n’y participent pas
Le fonds pour indemniser les victimes de l’effondrement de l’usine Spectrum, dont les besoins sont évalués à 533'000 euros, a été créé par l’entreprise espagnole Inditex. Cette société a également effectué le versement initial de 60'000 euros qui permit de verser les premières indemnités aux familles des victimes en avril 2007. La représentation d’Oxfam Grande-Bretagne au Bangladesh et l’ONG bangladaise Incidim, ainsi que des syndicats participent à l’administration du fonds qui doit verser aux survivants invalides ainsi qu’aux familles des décédés des rentes mensuelles.
Plusieurs sociétés s’approvisionnant auprès de Spectrum et de l’usine mitoyenne Shahriyar – Inditex (Espagne), KarstadtQuelle (Allemagne), New Wave Group (Suède), Scapino (Pays-Bas) et Solo Invest (France) – se sont engagées à participer au fonds destiné à indemniser les survivants et les familles des personnes décédées dans l’usine qui produisait pour elles. Parmi les entreprises qui ont renoncé à assumer cette responsabilité partagée, on trouve Carrefour (France), Cotton Group (Belgique), New Yorker Steillman, Kirsten Mode et Bluhmod (Allemagne).
La Campagne Clean Clothes vous invite à demander encore une fois à Carrefour de participer au fonds d'indemnisation mis en place par d'autres clients. Elle poursuit par ailleurs le dialogue avec les entreprises qui ne participent pas encore à ce fonds collectif.
D’autres accidents, incendies ou effondrements d’usines de prêt-à-porter jalonneront l’année 2006 au Bangladesh. En tout, au moins 146 personnes y perdront la vie, plus de 200 seront blessées, gardant parfois des séquelles empêchant toute reprise d’activité professionnelle. Comme ces personnes ne peuvent compter sur aucune sécurité sociale, inexistante dans le pays, elles, qui étaient l’unique source de revenu de leur famille, deviennent une charge pour celle-ci.
Ces accidents vont déclencher une vague d’émeutes des travailleurs de la confection. Les revendications sont identiques durant tout le mouvement: respect des dispositions légales et augmentation du salaire minimum qui n’a plus été revu depuis 1994. Au terme de semaines de manifestations et de répression, le bilan est lourd, au moins trois travailleurs tués, des centaines d’autres blessés, des membres de syndicat arrêtés et mal traités, des dizaines d’usines vandalisées, des centaines de véhicules brûlés.
Néanmoins des négociations commencent. Les syndicats locaux sont à l’œuvre ainsi que le réseau international de la campagne Clean Clothes. Qu’en est-il aujourd’hui?
Salaire minimal augmenté… mais toujours insuffisant
Depuis 1994, le salaire minimum légal dans le secteur de la confection au Bangladesh correspondait à 930 takas, montant dont le pouvoir d’achat a décru de moitié en douze ans pour atteindre 11 euros par mois en 2006. C’est très fréquemment à ce salaire, le plus bas de toute l’Asie du Sud, que sont payées les opératrices de machines à coudre et les assistantes.
L’appel lancé lors des émeutes de mai et juin 2006 pour une augmentation sensible du salaire n’a été que partiellement entendu. Le Conseil national du salaire minium légal a proposé en octobre 2006 d’augmenter le salaire minimum à 1662,5 takas par mois, soit environ 20 euros. Toujours insuffisant pour vivre. Il est communément admis que les dépenses mensuelles minimales pour un adulte se situent dans une fourchette allant de 2200 à 3300 takas par mois. Par exemple le logement peut varier de 350 à 700 takas par mois. On trouve ainsi, dans les bas fonds de Dhaka, des bâtiments en tôle construits sur pilotis de bambou où la chambre de 2,5 sur 2,5 mètres se loue 600 takas par mois.
Indemnités accordées… mais tous les clients européens n’y participent pas
Le fonds pour indemniser les victimes de l’effondrement de l’usine Spectrum, dont les besoins sont évalués à 533'000 euros, a été créé par l’entreprise espagnole Inditex. Cette société a également effectué le versement initial de 60'000 euros qui permit de verser les premières indemnités aux familles des victimes en avril 2007. La représentation d’Oxfam Grande-Bretagne au Bangladesh et l’ONG bangladaise Incidim, ainsi que des syndicats participent à l’administration du fonds qui doit verser aux survivants invalides ainsi qu’aux familles des décédés des rentes mensuelles.
Plusieurs sociétés s’approvisionnant auprès de Spectrum et de l’usine mitoyenne Shahriyar – Inditex (Espagne), KarstadtQuelle (Allemagne), New Wave Group (Suède), Scapino (Pays-Bas) et Solo Invest (France) – se sont engagées à participer au fonds destiné à indemniser les survivants et les familles des personnes décédées dans l’usine qui produisait pour elles. Parmi les entreprises qui ont renoncé à assumer cette responsabilité partagée, on trouve Carrefour (France), Cotton Group (Belgique), New Yorker Steillman, Kirsten Mode et Bluhmod (Allemagne).
La Campagne Clean Clothes vous invite à demander encore une fois à Carrefour de participer au fonds d'indemnisation mis en place par d'autres clients. Elle poursuit par ailleurs le dialogue avec les entreprises qui ne participent pas encore à ce fonds collectif.
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Source: Carole Grabbé et Nicolas Leroy, Campagne Vêtements Propres (Belgique)
(étude publiée le 11 avril 2007 par Vêtements propres - fichier pdf)
(étude publiée le 11 avril 2007 par Vêtements propres - fichier pdf)
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