Évaluation des entreprises 2004
Enquête 2004-2005 (23.01.06)
(Cet article est tiré des Nouvelles CCC N° 7)
Une nécessaire vigilance
Plus de 60% des vêtements sont fabriqués dans des pays en développement, en général par des femmes. Or, les conditions de travail dans l’industrie textile restent scandaleuses: droits syndicaux bafoués, horaires démentiels, salaires de misère…La Campagne Clean Clothes (CCC) se bat pour une amélioration de ces conditions de travail, sensibilise les consommateurs et interpelle les entreprises. CCC, active dans douze pays européens (dont la Suisse, où elle est portée par la Déclaration de Berne), collabore étroitement avec des syndicats et des ONG du Nord et du Sud.
Il reste un immense chemin à parcourir pour que les droits des travailleuses du textile soient respectés. Nous faisons ici le point sur les premiers pas auxquels consentent (ou non) les entreprises textiles présentes en Suisse.
Florence Gerber
Où en est l’engagement des entreprises?
Dans l’économie mondialisée actuelle, avec ses délocalisations et ses chaînes de production longues et complexes, les firmes font produire leurs vêtements dans d’innombrables usines aux quatre coins du monde. Il est donc impossible de savoir exactement dans quelles conditions sont fabriqués nos habits.
Mais une entreprise qui prend des mesures pour améliorer les conditions de travail peut en partie documenter ces efforts. En 2004, la section alémanique de la DB a donc envoyé un questionnaire à une trentaine de firmes actives dans ce secteur en Suisse. A la suite de la publication des résultats en allemand, elles ont eu l’opportunité, en été 2005, d’actualiser les informations communiquées. Sur cette base, nous avons établi les «miniportraits» d’entreprises présentés sur ce site. Pour ce faire, nous avons tenu compte de trois critères.
1. Code de conduite
CCC exige que les entreprises adoptent un code de conduite: elles s’engagent ainsi à respecter des normes sociales minimales. Il ne suffit évidemment pas d’un code, même complet, pour que les conditions soient bonnes. Mais un mauvais code est très souvent révélateur de conditions catastrophiques!
Un code complet doit s’appliquer à toute la chaîne de production et mentionner les normes suivantes:
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2. Transparence et relations avec les fournisseurs
Les entreprises communiquent-elles la provenance des produits qu’elles vendent? Le niveau d’information accessible, en particulier pour la clientèle, révèle souvent la qualité de la relation avec les fournisseurs.
Une entreprise qui a peu de fournisseurs et entretient avec eux des relations durables sera plus à même d’assumer sa responsabilité sociale et d’en rendre compte. Mais cela est rare. En revanche, celles qui changent souvent de partenaires ou qui passent commande à des centaines de producteurs ne peuvent rien garantir et seront souvent dans l’incapacité de donner des informations précises. Cette situation est également l’indice de pratiques d’achat agressives. Les entreprises veulent des marchandises à prix toujours plus bas, dans des délais toujours plus brefs. Cette pression se répercute sur toute la chaîne de production et les travailleurs en font les frais.
3. Mise en œuvre et vérification indépendante
L’entreprise doit prendre des mesures pour faire respecter le code et autoriser un contrôle indépendant de son application. Des contrôles réalisés par des sociétés d’audit ou, pire, par l’entreprise elle-même sont insuffisants1.
Nous nous sommes donc demandé
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Notes:
1 Un contrôle interne, réalisé par l’entreprise elle-même, n’est ni fiable ni transparent. Quant aux sociétés d’audit, leurs inspections sont rares et elles ne bénéficient en général pas de la confiance des travailleurs. Les personnes interrogées répètent souvent ce que leur employeur leur a ordonné de dire.





