Marchés financiers et inégalités croissantes
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A l’échelle mondiale, les inégalités entre riches et pauvres sont dramatiques. Si le monde était un pays, le revenu annuel moyen atteindrait 5500 dollars par personne. Pourtant, le 80 % de la population mondiale touche un revenu inférieur, et 40 % des plus démunis ne touchent que 5 % du revenu moyen. A l’inverse, les cinq cents personnes les plus fortunées disposent d’un revenu supérieur à celui des 416 millions les plus pauvres. Au niveau de la fortune privée, 1 % de la population mondiale détient 40 % des biens. La moitié la plus pauvre de la population mondiale doit en revanche se contenter de 1 % des biens.

La dynamique des marchés financiers porte une large part de responsabilités dans ces inégalités. En effet, la majorité des pauvres n’a pas accès aux services financiers, qui réservent leurs meilleurs produits aux personnes très fortunées.

Dans la plupart des pays en développement, seule une minorité a la possibilité d’ouvrir la porte d’une banque ou d’un établissement financier. La majorité n’a aucun compte d’épargne, ne bénéficie d’aucun crédit et ne peut pas conclure de police d’assurance. Les microcrédits ne sont pas toujours en mesure de combler ce manque. Même dans les pays qui disposent de systèmes de microcrédits très développés, la grande majorité ne peut pas en bénéficier.

La population la plus démunie des pays du Sud ne bénéficie en rien de l’implantation de banques étrangères. En effet, les plus grands établissements (les grandes banques suisses en particulier) se concentrent sur la clientèle privée et commerciale fortunée, avec laquelle la marge bénéficiaire est la plus importante. En Chine, par exemple, 80 % des bénéfices des banques proviennent des 20 % de clients les plus riches.

Dans le jargon financier de la gestion de patrimoine, on qualifie de high net worth individuals (HNWI) les personnes qui disposent d’une fortune disponible supérieure à 1 million de dollars et profitent largement des marchés financiers globalisés. Leur nombre a plus que doublé au cours des dix dernières années. Le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Corée du Sud font partie des pays dans lesquels le nombre de HNWI a augmenté de plus de 10 % de 2004 à 2005. Et 1 % des HNWI sont même des « ultra-HNWI ». Ils disposent d’une fortune de plus de 30 milliards de dollars. De 2005 à 2006, leur nombre a augmenté de 11,3 %. En Afrique et en Amérique latine, parmi les très riches, on trouve une forte surreprésentation de personnes extrêmement fortunées.